Un cahier des charges WordPress sert à transformer une idée de site en projet compréhensible et comparable : objectifs, utilisateurs, pages, contenus, fonctionnalités, contraintes techniques, SEO, responsabilités, budget et critères de validation. Il ne doit pas imposer inutilement des solutions techniques ; il doit surtout décrire clairement ce que le site doit permettre de faire.
Un bon cahier des charges WordPress doit au minimum préciser le contexte du projet, les objectifs, les publics visés, l’arborescence, les contenus, les fonctionnalités, les besoins SEO, les contraintes techniques, les responsabilités de chacun, le budget, les livrables et les critères de recette. Pour éviter de bloquer le projet trop tôt, décrivez d’abord les besoins fonctionnels ; le choix précis du thème, du constructeur ou des extensions peut ensuite être proposé et justifié.
À quoi sert réellement un cahier des charges WordPress ?
Le cahier des charges ne sert pas seulement à demander un prix. Il permet de définir ce qui doit être réalisé, pour qui, dans quel objectif et avec quelles contraintes.
Deux devis ne sont réellement comparables que s’ils répondent au même périmètre : pages, fonctionnalités, contenus, accompagnement et livrables.
Le document précise ce qui est attendu et évite qu’une fonctionnalité considérée comme évidente par une partie soit absente du devis.
Il permet de distinguer ce qui est indispensable au lancement de ce qui peut être ajouté dans une phase ultérieure.
Les critères d’acceptation permettent de vérifier objectivement que les fonctions prévues sont présentes et utilisables.
Un cahier des charges ne doit pas devenir une liste de solutions techniques imposées sans raison. Écrire « formulaire de demande de devis avec cinq champs » est souvent plus utile que d’imposer immédiatement le nom d’un plugin.
Le modèle complet d’un cahier des charges WordPress
Une structure claire facilite la lecture par une agence, un freelance, un développeur ou une équipe interne.
Activité, positionnement, offre, historique du site existant et raison du projet.
Prises de contact, ventes, réservations, présentation de services, recrutement, contenus ou autre objectif mesurable.
Profils d’utilisateurs, besoins, appareils utilisés et actions attendues.
Pages prévues, navigation, contenus disponibles et éléments restant à produire.
Formulaires, WooCommerce, réservation, espace membre, multilingue, recherche, CRM ou autres intégrations.
Identité visuelle, références, responsive, composants et contraintes d’accessibilité.
Pages importantes, URL existantes, redirections, contenus à préserver et besoins de référencement.
Hébergement, sauvegardes, accès, services tiers, données personnelles et maintenance.
Enveloppe, échéances, interlocuteurs, validations et éléments fournis par chaque partie.
Tests, formation, accès administrateur, documentation et critères permettant d’accepter le site.
1. Définir les objectifs, les cibles et les parcours
« Avoir un beau site » n’est pas un objectif suffisamment précis pour orienter l’architecture du projet.
Décrivez plutôt ce que le site doit permettre d’obtenir.
Décrivez aussi les publics principaux
Pour chaque cible, indiquez ce qu’elle vient chercher, ce qu’elle doit comprendre rapidement et l’action qu’elle devrait pouvoir réaliser.
Dans ce cas, précisez leur ordre de priorité. Cela aide à organiser le menu, la page d’accueil et les appels à l’action.
2. Décrire l’arborescence et les contenus
L’arborescence permet d’estimer le nombre de modèles de pages à concevoir et de comprendre la profondeur du site.
| Page | Objectif | Contenu disponible ? | Action principale |
|---|---|---|---|
| Accueil | Présenter l’activité et orienter | À préciser | Découvrir les services |
| Prestations | Présenter l’offre | À préciser | Demander un devis |
| Réalisations | Montrer des exemples | Photos à fournir | Consulter un projet |
| À propos | Présenter l’entreprise | Texte à préparer | Découvrir l’équipe |
| Contact | Faciliter la prise de contact | Coordonnées disponibles | Envoyer le formulaire |
Distinguez création et intégration de contenu
Le prestataire doit savoir si les textes et médias seront fournis prêts à intégrer, retravaillés ou entièrement produits. Cette distinction influence directement le calendrier et le devis.
N’attendez pas la fin du design pour réfléchir aux contenus. La quantité réelle de texte, les images disponibles et la hiérarchie des informations influencent la conception des pages.
Pour préparer un projet de présentation d’activité : site vitrine WordPress.
3. Lister les fonctionnalités WordPress sans sur-spécifier la technique
Décrivez d’abord le besoin fonctionnel, puis précisez une solution technique seulement lorsqu’elle constitue une contrainte réelle.
Quels champs ? Quel destinataire ? Faut-il joindre un fichier, envoyer une confirmation ou connecter un CRM ?
Produits, variations, paiement, livraison, taxes, coupons, comptes clients et éventuelles synchronisations.
Quelles langues ? Qui traduit ? Les contenus, URL et médias sont-ils différents selon la langue ?
Qui peut créer un compte ? Quels contenus sont protégés ? Quels rôles et permissions sont nécessaires ?
Créneaux, capacité, paiement éventuel, emails de confirmation et synchronisation avec un agenda.
CRM, newsletter, comptabilité, paiement, analytics, API ou autres services à connecter.
Faut-il imposer Gutenberg, Elementor ou un thème précis ?
Seulement si cela répond à une contrainte réelle : continuité avec l’existant, compétences internes, licence déjà utilisée ou environnement imposé.
Dans les autres cas, le cahier des charges peut simplement préciser que les équipes doivent pouvoir modifier les contenus courants sans intervenir dans le code, puis demander au prestataire d’expliquer la solution retenue.
Décrivez le résultat attendu et le niveau d’autonomie souhaité. L’outil choisi doit ensuite être justifié par rapport au projet, pas l’inverse.
4. Cadrer le design, le responsive et l’accessibilité
Le cahier des charges doit indiquer ce qui existe déjà et ce qui reste à concevoir.
Précisez les usages mobiles importants
Indiquez si certaines actions sont particulièrement importantes sur smartphone : appel direct, itinéraire, réservation, formulaire court, achat ou consultation d’un catalogue.
Intégrez l’accessibilité dès le départ
La structure des titres, les libellés des formulaires, les contrastes, la navigation au clavier et les alternatives textuelles sont plus faciles à prévoir pendant la conception qu’après la mise en ligne.
Références : W3C — structure des titres et W3C — formulaires accessibles.
5. Prévoir le SEO, les URL et la migration
Le référencement ne doit pas être réduit à « installer un plugin SEO ». Le cahier des charges doit surtout encadrer la structure des pages et ce qui doit être conservé lors d’une éventuelle refonte.
Pour une refonte, fournissez les anciennes URL
Si le projet remplace un site existant, indiquez quelles pages doivent être conservées, fusionnées ou supprimées. Lorsqu’une URL change, une redirection permanente appropriée peut être nécessaire.
Évitez de modifier toutes les URL simplement pour avoir une structure différente. Une refonte doit préserver autant que possible les adresses utiles, sauf lorsqu’un changement apporte un bénéfice réel.
Google documente les bonnes pratiques de changement d’URL dans son guide sur les migrations de site.
Pour un projet existant : refonte de site WordPress.
6. Définir les contraintes techniques, la sécurité et les données
Le cahier des charges doit indiquer les contraintes réelles sans transformer le document en configuration serveur exhaustive.
Hébergeur déjà choisi ou non, accès disponibles, domaine, emails, environnement de test et responsabilités.
Fréquence attendue, périmètre, conservation et personne chargée de la restauration en cas de problème.
Gestion des comptes, mises à jour, HTTPS, accès administrateur et composants tiers utilisés.
Formulaires, inscription, newsletter, compte client et autres traitements doivent être identifiés dès la conception.
Listez les données réellement nécessaires dans les formulaires
La CNIL rappelle le principe de minimisation : ne collecter que les données pertinentes et nécessaires au regard de l’objectif poursuivi.
Référence : CNIL — minimisation des données.
Prévoyez les sauvegardes avant la mise en ligne
WordPress distingue notamment la sauvegarde des fichiers de celle de la base de données. Le cahier des charges peut donc préciser qui est responsable de la stratégie de sauvegarde et de la restauration.
Documentation : WordPress — sauvegardes.
7. Cadrer le budget, le planning et les responsabilités
Le planning dépend autant du prestataire que de la capacité du client à fournir les éléments et à valider les étapes.
| Élément | À fournir par le client | À produire par le prestataire |
|---|---|---|
| Logo et charte | Oui si existants | Création seulement si incluse au périmètre |
| Textes | Selon le devis | Rédaction uniquement si prévue |
| Photos | À fournir ou sélectionner | Traitement selon le périmètre |
| Maquettes | Validation | Conception si incluse |
| Accès techniques | À transmettre | Utilisation et configuration |
| Recette | Validation finale | Corrections des éléments prévus |
Indiquez une enveloppe budgétaire si elle existe
Donner un budget ou une fourchette permet au prestataire de proposer un périmètre cohérent plutôt que de concevoir une solution qui devra ensuite être entièrement réduite.
Séparez les éléments en trois groupes : indispensables au lancement, importants mais reportables, et idées d’évolution. Cette hiérarchie facilite les arbitrages sans fragiliser le cœur du projet.
8. Définir les livrables et la recette avant la livraison
Le mot « terminé » peut être interprété très différemment. Le cahier des charges doit donc préciser les éléments attendus à la livraison.
Utilisez des critères vérifiables
« Le formulaire fonctionne » peut devenir : le visiteur peut remplir les champs prévus, envoyer le formulaire, voir une confirmation et le destinataire reçoit effectivement le message.
Plus le critère est concret, plus la recette est simple à effectuer.
Modèle de cahier des charges WordPress à copier
Cette trame peut être copiée dans un document puis complétée avant de demander un devis.
- Présentation de l’entreprise : activité, offre, positionnement, coordonnées.
- Contexte : création, refonte ou migration ; problèmes du site actuel.
- Objectifs : contacts, ventes, réservation, visibilité, recrutement ou autre.
- Cibles : profils principaux et besoins.
- Arborescence : liste des pages et organisation du menu.
- Contenus : textes, photos, vidéos, documents ; qui les fournit ou les crée.
- Fonctionnalités : formulaires, boutique, réservation, espace membre, multilingue, recherche.
- Design : charte, références, contraintes visuelles, responsive.
- Administration : éléments que l’équipe doit pouvoir modifier elle-même.
- SEO : pages prioritaires, URL existantes, redirections, contenus à préserver.
- Technique : domaine, hébergement, emails, accès, services externes.
- Données personnelles : formulaires, comptes, newsletter, consentements nécessaires.
- Sécurité et sauvegardes : responsabilités, fréquence et restauration.
- Budget : enveloppe disponible et dépenses récurrentes acceptables.
- Planning : date cible, étapes, disponibilités pour validation.
- Responsabilités : qui fournit quoi et qui valide chaque étape.
- Livrables : site, accès, formation, documentation, sauvegarde, licences.
- Recette : liste des tests et critères d’acceptation.
- Maintenance : périmètre après mise en ligne, si nécessaire.
- Évolutions futures : fonctionnalités envisagées mais non incluses au lancement.
Ne remplissez pas les zones inconnues au hasard. Indiquez simplement « à définir avec le prestataire ». Un cahier des charges est aussi fait pour identifier les décisions qui restent à prendre.
Les erreurs à éviter dans un cahier des charges WordPress
Le meilleur cahier des charges n’est pas forcément le plus long. Il est celui qui permet à une personne extérieure au projet de comprendre ce qui doit être construit, pourquoi, avec quelles contraintes et comment la réussite sera vérifiée.
Que doit contenir un bon cahier des charges WordPress ?
Un cahier des charges WordPress doit partir des besoins, pas des plugins. Présentez le contexte, les objectifs, les utilisateurs, l’arborescence, les contenus et les fonctionnalités. Ajoutez ensuite les contraintes de design, de SEO, de sécurité, d’hébergement et de données. Enfin, précisez budget, planning, responsabilités, livrables et critères de recette. Ce cadre permet au prestataire de proposer une architecture adaptée et rend les devis beaucoup plus faciles à comparer.
Votre projet WordPress doit encore être cadré ?
La page Site vitrine WordPress présente les principales briques d’un projet professionnel. Pour un site existant, l’audit permet d’identifier les éléments à conserver, corriger ou intégrer au futur cahier des charges.
FAQ sur le cahier des charges WordPress
Un cahier des charges est-il obligatoire pour créer un site WordPress ?
Non. Il n’existe pas d’obligation générale d’utiliser ce type de document. Il est néanmoins très utile pour cadrer le périmètre, comparer les propositions et préciser les responsabilités avant le démarrage.
Quelle longueur doit faire un cahier des charges ?
Il n’existe pas de longueur idéale. Un petit site peut être correctement cadré avec un document relativement court, tandis qu’un e-commerce ou un projet connecté à plusieurs outils nécessitera davantage de détails.
Faut-il choisir le thème WordPress dans le cahier des charges ?
Seulement si un thème précis constitue une contrainte réelle. Sinon, il est souvent préférable de décrire le design, les fonctionnalités et le niveau d’autonomie souhaité, puis de laisser le prestataire proposer une solution adaptée.
Faut-il imposer Elementor ou Gutenberg ?
Pas nécessairement. Si votre équipe maîtrise déjà un outil ou si le site existant l’impose, cela peut devenir une contrainte. Sinon, demandez surtout que les contenus courants puissent être modifiés facilement et que le choix technique soit expliqué.
Que faut-il prévoir pour le SEO ?
Prévoyez notamment l’arborescence, les pages importantes, les URL, le maillage, l’indexabilité et, lors d’une refonte, la gestion des anciennes URL et des redirections nécessaires.
Que faut-il ajouter pour un site WooCommerce ?
Ajoutez le nombre et les types de produits, variations, moyens de paiement, règles de livraison, taxes, comptes clients, import de catalogue, emails transactionnels et éventuelles connexions avec un ERP ou un CRM.
Qui doit rédiger les textes du site ?
Cela doit être indiqué explicitement dans le cahier des charges et le devis. Le client peut fournir les textes, le prestataire peut les intégrer uniquement, ou une prestation de rédaction peut être prévue séparément.
Que signifie la recette d’un site WordPress ?
La recette correspond à la phase de vérification avant validation finale. Elle consiste à contrôler que les pages, formulaires, paiements, affichages mobiles, redirections et autres fonctions prévues correspondent aux critères définis.
Sources et références
- WordPress.org — À propos Présentation officielle du projet WordPress et de son modèle open source.
- WordPress — Réglages de lecture Paramétrage de la page d’accueil et de la visibilité auprès des moteurs.
- WordPress — Sauvegardes Principes de sauvegarde des fichiers et de la base de données.
- WordPress — Sécurisation Bonnes pratiques pour réduire les risques liés à une installation WordPress.
- Google Search Central — Guide SEO Recommandations concernant structure, navigation, contenus et accessibilité pour les moteurs.
- Google — changement d’URL et migration Recommandations utiles lorsque la refonte modifie les URL existantes.
- W3C — Structure des titres Bonnes pratiques d’organisation des titres pour la compréhension et l’accessibilité.
- W3C — Formulaires accessibles Principes utiles lors de la définition des formulaires du futur site.
- CNIL — Minimisation des données Principe consistant à ne collecter que les données nécessaires à la finalité poursuivie.


