« WordPress est gratuit ». Vous avez entendu ça partout. Sur YouTube. Dans les blogs. De la bouche de votre cousin qui s’y connaît en informatique.
Et techniquement, c’est vrai. WordPress est un logiciel libre et gratuit. Vous pouvez le télécharger, l’installer, l’utiliser sans payer un centime à personne.
Sauf que.
Sauf qu’un site WordPress gratuit, dans la vraie vie, ça n’existe pas vraiment. Enfin si. Mais avec tellement de limitations que votre site ressemblera à une page Myspace de 2005. Pas terrible pour votre crédibilité.
Alors, peut-on vraiment créer un site WordPress gratuitement en 2026 ? Oui. Est-ce une bonne idée ? Ça dépend. Pour qui ? Pour quoi ? Combien de temps ? Et surtout, quels sont les pièges cachés que personne ne vous dit ?
Voici la vérité complète sur le WordPress gratuit, sans bullshit marketing, sans lien affilié qui m’arrange. Juste les faits.
WordPress.com gratuit : la solution qui n’en est pas une
Quand on parle de WordPress gratuit, la plupart des gens pensent à WordPress.com. C’est l’offre « clé en main » proposée par Automattic, la boîte derrière WordPress.
Vous créez un compte, vous choisissez un design, et hop, vous avez un site. Gratuitement. Génial, non ?
Pas vraiment.
Ce que vous avez avec WordPress.com gratuit
Votre URL : monsite.wordpress.com
Déjà, problème numéro 1. Vous n’avez pas votre propre nom de domaine. Vous êtes un sous-locataire numérique. Impossible d’avoir monsite.fr ou monentreprise.com. Vous êtes coincé avec ce .wordpress.com qui crie « amateur » à tous vos visiteurs.
Essayez de mettre monsite.wordpress.com sur votre carte de visite. Vous verrez les regards.
Espace de stockage : 1 Go
C’est ridicule. Une vidéo de 2 minutes en HD, c’est déjà 500 Mo. Dix photos non compressées, et vous êtes à la limite. Pour un blog avec quelques articles texte, ça passe. Pour un site pro avec des visuels, vous êtes cramé en 2 mois.
Personnalisation : Limitée aux thèmes gratuits imposés
Vous choisissez parmi une sélection de thèmes prédéfinis. Vous ne pouvez rien modifier en profondeur. Pas de CSS personnalisé. Pas de vrai contrôle sur le design. Votre site ressemble à 10 000 autres sites WordPress.com.
Plugins : Aucun
Zéro. Nada. Vous ne pouvez installer AUCUN plugin. Pas de SEO avancé. Pas de formulaire de contact élaboré. Pas de popup. Pas de cache. Pas de galerie photo custom. Rien.
WordPress sans plugins, c’est comme une voiture sans options. Ça roule, mais c’est tout.
Publicité : WordPress affiche SES pubs sur VOTRE site
Le pompon. WordPress.com met de la publicité sur votre site. Vous ne gagnez rien. Eux si. Vos visiteurs voient des bannières pour des produits que vous ne contrôlez pas.
Imaginez : vous créez un site pour votre cabinet d’avocats. WordPress affiche une pub pour un site de rencontres au milieu de votre page d’accueil. Classe.
Monétisation : Interdite
Vous ne pouvez pas vendre sur votre site. Pas de boutique. Pas de pub Google AdSense à vous. Pas d’affiliation. Strictement interdit dans les conditions d’utilisation.
Si votre objectif est de gagner de l’argent avec votre site, WordPress.com gratuit est un cul-de-sac.
Pour qui c’est acceptable ?
WordPress.com gratuit convient UNIQUEMENT pour :
- Un blog personnel hobby sans enjeu commercial
- Tester WordPress avant de passer à la vraie version
- Un site temporaire qui vivra 3 mois maximum
- Partager vos poèmes avec vos 12 abonnés
Dès que vous voulez quelque chose de pro, de crédible, de personnalisé, ou de monétisable, oubliez WordPress.com gratuit.
WordPress.org : gratuit mais pas vraiment
La « vraie » version de WordPress, c’est WordPress.org. Le logiciel est effectivement gratuit. Vous le téléchargez, vous l’installez où vous voulez.
Sauf que pour l’installer « où vous voulez », il faut un « où ». Et ce « où », il coûte de l’argent.
Ce dont vous avez besoin (et ce que ça coûte)
1. Un nom de domaine
Prix : 10 à 15€ par an
Votre adresse internet. Monsite.fr, monentreprise.com. C’est obligatoire. Sans ça, personne ne peut vous trouver.
Certains hébergeurs l’offrent la première année. Mais ensuite, vous payez. Tous les ans.
2. Un hébergement web
Prix : 5 à 15€ par mois (60 à 180€ par an)
Le serveur où vit votre site WordPress. Sans hébergement, votre site n’existe que sur votre ordinateur. Personne d’autre ne peut le voir.
Les offres « pas chères » à 2€/mois existent, mais elles sont pourries. Site lent, pannes fréquentes, support inexistant. Vous économisez 5€ pour perdre 50€ en opportunités ratées.
Budget réaliste minimum : 60€ par an pour un hébergement correct.
3. Un certificat SSL (HTTPS)
Prix : Gratuit (Let’s Encrypt) ou inclus chez la plupart des hébergeurs
Le petit cadenas dans la barre d’adresse. Obligatoire en 2026. Google pénalise les sites sans HTTPS. Les navigateurs affichent « Site non sécurisé ». Vos visiteurs fuient.
Heureusement, c’est désormais gratuit et inclus chez tous les hébergeurs sérieux.
4. Thème et plugins
Prix : 0€ (versions gratuites) à 200€ (versions premium)
WordPress propose des milliers de thèmes WordPress gratuits et de plugins gratuits. Pour un site basique, c’est largement suffisant.
Mais si vous voulez quelque chose de vraiment pro, de rapide, et bien codé, vous finirez par acheter :
- Un thème premium : 50 à 90€
- Quelques plugins premium essentiels : 50 à 150€ par an
Budget réaliste pour du gratuit : 0€ si vous vous contentez du gratuit. 100 à 200€ si vous voulez de la qualité.
Le calcul sur 1 an
Option ultra-minimaliste (tout gratuit) :
- Domaine : 12€
- Hébergement bas de gamme : 36€
- SSL : gratuit
- Thème gratuit : 0€
- Plugins gratuits : 0€
Total première année : 48€
Option réaliste (bon rapport qualité-prix) :
- Domaine : 12€ (offert chez certains hébergeurs)
- Hébergement correct (O2switch, Hostinger Premium) : 70€
- SSL : inclus
- Thème gratuit ou premium : 0 à 60€
- Plugins gratuits : 0€
Total première année : 70 à 130€
Donc non, WordPress n’est pas gratuit. Le logiciel, oui. L’utiliser dans la vraie vie, non.
Les solutions « gratuites » qui ne le sont pas vraiment
Les hébergeurs « gratuits »
Certains hébergeurs proposent du hébergement WordPress gratuit. 000webhost, InfinityFree, Freehostia, et autres.
Ce qu’ils proposent :
- Hébergement « gratuit » avec publicités obligatoires
- Performances catastrophiques (site qui met 8 secondes à charger)
- Uptime désastreux (votre site tombe 2 fois par semaine)
- Support inexistant
- Limitations drastiques (bande passante, espace disque)
- Votre site peut être supprimé sans préavis
La vérité : Ces hébergeurs gratuits gagnent de l’argent en affichant leurs pubs sur votre site, en vendant vos données, et en espérant que vous passerez à leur offre payante par frustration.
Votre site sera lent, instable, et aura l’air cheap. Si c’est pour ça, autant ne pas avoir de site du tout.
Pour qui : Absolument personne. Même pour tester, c’est une perte de temps.
Les constructeurs de sites « gratuits »
Wix, Squarespace, Weebly proposent des versions gratuites.
Le problème : Mêmes limitations que WordPress.com
- URL pourrie (monsite.wixsite.com)
- Publicités du constructeur partout
- Espace limité
- Fonctionnalités bridées
- Impossible de migrer votre site ailleurs
Et ce n’est même pas du WordPress. Vous êtes enfermé dans leur écosystème. Si vous voulez partir un jour, vous recommencez de zéro.
Pour qui : Ceux qui veulent tester un concept pendant 2 semaines. Pas plus.
Alors, WordPress gratuit, c’est possible ou pas ?
Réponse honnête : Oui, mais.
Oui, WordPress est gratuit : Le logiciel ne coûte rien. Les thèmes de base sont gratuits. Des milliers de plugins sont gratuits.
Mais vous devrez payer : Un nom de domaine et un hébergement. Minimum 50 à 80€ par an. C’est incompressible.
C’est vraiment « gratuit » si :
- Vous acceptez une URL pourrie en .wordpress.com
- Vous acceptez la pub des autres sur votre site
- Vous acceptez zéro contrôle et zéro personnalisation
- Vous acceptez un site amateur qui ne convertira jamais
C’est « presque gratuit » si :
- Vous payez juste le domaine et l’hébergement (50-80€/an)
- Vous utilisez exclusivement des thèmes et plugins gratuits
- Vous vous débrouillez seul pour tout configurer
- Vous n’avez pas besoin de support
C’est « raisonnablement abordable » si :
- Vous investissez 100-150€ la première année (domaine, hébergement, 1-2 plugins premium)
- Vous utilisez des ressources gratuites de qualité (Astra, GeneratePress, Kadence)
- Vous apprenez à faire vous-même
- Vous acceptez de passer du temps plutôt que de l’argent
Ma recommandation selon votre situation
Vous êtes étudiant, vous voulez un blog perso pour vous amuser
Solution : WordPress.com gratuit
Oui, c’est limité. Oui, vous aurez .wordpress.com dans votre URL. Mais c’est vraiment gratuit et ça fait le job pour un blog hobby.
Budget : 0€
Vous êtes indépendant, vous voulez un site vitrine pour trouver des clients
Solution : WordPress.org avec hébergement O2switch ou Hostinger
Ne lésinez pas. Investissez 70-100€ la première année. Vous aurez un vrai site, rapide, avec votre propre domaine, qui inspire confiance.
Budget : 70-130€ la première année
Un client gagné paie votre site pour 10 ans.
Vous êtes entrepreneur, vous voulez vendre en ligne
Solution : WordPress.org avec bon hébergement + WooCommerce
Ne cherchez pas le gratuit. Votre boutique doit être rapide, stable, sécurisée. Investissez dans un hébergement solide (O2switch, Cloudways), un thème e-commerce premium si besoin, et des plugins qui convertissent.
Budget : 200-400€ la première année
Une boutique qui plante pendant les soldes vous coûte 100 fois plus cher qu’un bon hébergement.
Vous voulez juste tester WordPress pour voir
Solution : WordPress.com gratuit ou Local by Flywheel (WordPress en local sur votre PC)
Testez gratuitement. Apprenez. Et quand vous serez prêt, passez sur WordPress.org avec un vrai hébergement.
Budget : 0€
Les coûts cachés qu’on ne vous dit jamais
Au-delà du domaine et de l’hébergement, voici ce qui peut vous coûter de l’argent sur un site WordPress :
Thème premium : 50-90€ (pas obligatoire, le gratuit peut suffire)
Plugins premium essentiels :
- WP Rocket (cache) : 49€/an
- Wordfence Premium (sécurité) : 99€/an
- Rank Math Pro (SEO avancé) : 59€/an
- Elementor Pro (page builder) : 59€/an
Total plugins premium si vous les prenez tous : 266€/an
Maintenance : 0€ si vous le faites vous-même, 50-150€/mois si vous déléguez
Développeur pour personnalisation : 300-1000€ selon vos besoins
Photos et visuels : 0€ (banques d’images gratuites) à 200€/an (Adobe Stock)
Logo professionnel : 50-500€ selon où vous le faites faire
Donc, un site WordPress, ça coûte vraiment combien ?
Version ultra-minimaliste fonctionnelle : 50-80€/an
Version réaliste de qualité : 150-300€ la première année, puis 100-200€/an
Version pro avec tout ce qu’il faut : 500-1000€ la première année, puis 300-500€/an
Le vrai coût : votre temps
On parle beaucoup d’argent. Mais le coût le plus sous-estimé d’un site WordPress gratuit, c’est votre temps.
Temps nécessaire pour créer un site WordPress de A à Z quand on débute :
- Choisir et configurer l’hébergement : 1-2h
- Installer et configurer WordPress : 1-2h
- Choisir et personnaliser un thème : 3-6h
- Créer les pages principales : 4-8h
- Installer et configurer les plugins : 2-4h
- Apprendre à utiliser WordPress : 5-10h
- Remplir le contenu : 10-20h
- Optimiser le SEO de base : 2-4h
- Débugger les problèmes : 5-15h
Total : 35 à 70 heures
Si votre temps vaut 20€/heure (SMIC), ça fait entre 700€ et 1400€ de temps investi.
À ce prix-là, embaucher un freelance pour faire votre site à 800€ devient une très bonne affaire. Vous économisez du temps et vous avez un résultat pro.
WordPress gratuit ne veut pas dire sans effort. Ça veut dire que vous payez avec votre temps plutôt qu’avec votre argent.
Mon verdict final
WordPress gratuit en 2026, est-ce possible ?
Techniquement, oui. Pratiquement, non.
Vous pouvez avoir un site WordPress fonctionnel sans payer un centime si vous acceptez WordPress.com gratuit avec toutes ses limitations. Mais ce ne sera jamais un site professionnel crédible.
Si vous voulez un vrai site, avec votre propre nom de domaine, qui ne ressemble pas à un brouillon de collégien, il faudra investir au minimum 50 à 80€ par an.
C’est le prix de 4 cafés par mois. Si votre site ne vaut pas 4 cafés par mois, c’est qu’il ne vaut rien du tout.
Ma recommandation :
Ne cherchez pas le gratuit à tout prix. Cherchez le bon rapport qualité-prix.
Un site WordPress à 70€/an chez O2switch, avec un thème gratuit de qualité comme Astra, et des plugins gratuits bien choisis, fera un bien meilleur travail qu’un site WordPress.com gratuit avec publicités.
Investir 100€ dans votre présence en ligne, c’est investir dans votre crédibilité. Dans votre visibilité. Dans votre capacité à attirer des clients.
WordPress est gratuit comme une voiture est gratuite. Oui, vous pouvez en avoir une sans payer si vous la récupérez à la casse. Mais elle ne démarrera pas. Et si elle démarre, elle ne vous mènera nulle part.
Payez le minimum pour avoir quelque chose de fonctionnel. Vous ne le regretterez pas.
FAQ Questions Réponses
Non, impossible. Un site WordPress professionnel nécessite au minimum un nom de domaine personnalisé (10-15€/an) et un hébergement web fiable (50-80€/an). Les solutions "gratuites" type WordPress.com vous donnent une URL en .wordpress.com avec publicités imposées, ce qui détruit toute crédibilité professionnelle. Même avec un budget ultra-serré, investir 60-80€ la première année est incompressible pour avoir un site qui inspire confiance. C'est moins cher qu'un déjeuner par mois. Si votre activité professionnelle ne vaut pas un déjeuner par mois en frais de site web, le problème n'est pas le prix de WordPress, c'est votre modèle économique.
Ça dépend. Les thèmes WordPress gratuits de qualité comme Astra, Kadence ou GeneratePress sont excellents et suffisent pour 90% des besoins. Ils sont légers, rapides, bien codés. Les thèmes payants ajoutent surtout des fonctionnalités avancées dont la plupart des gens n'ont pas besoin. Pour les plugins WordPress, c'est pareil : Yoast SEO gratuit fait 95% du job de la version premium. Par contre, certains plugins n'existent qu'en version payante (WP Rocket pour le cache ultra-optimisé, par exemple). Règle simple : commencez avec du gratuit de qualité, passez au payant uniquement quand vous butez vraiment sur une limitation concrète, pas "au cas où".


